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objets

Tous les jours, avec un même plaisir, je le tire de mon sac, je le réchauffe dans la paume de mes mains, je le regarde vieillir, avec toutes ses rayures qui sont comme mes rides, avec son mécanisme qui se dérègle qui fait qu'il n'est plus complétement hermétique, avec ses faiblesses à m'allumer au premier déclic, et je me dis que cet objet là je l'aime parce qu'il est à mon image, faible mais fidéle, vieilli mais résistant, usé mais heureux. Stupidité en apparence, de dire qu'un objet est heureux, mais je n'oublierais jamais ce vers de Lamartine
" Objets inanimés, avez vous donc une âme qui s'attache à notre âme" ?
Oui, mes objets je les aime. Je les regarde, je les caresse, je les réchauffe, j'écris sur eux puisque ce serait que passer pour folle de leur parler.
Et sur mon bureau, s'accumulent les stylos sans valeur, les paires de ciseaux rouillés, les gommes écornées, les livre jaunis, les photos sans âge, le dictionnaire à la couverture décartonnée. Oui ici c'est le bordel, mais c'est ainsi que je veux vivre, car c'est dans le désordre que ma créativité s'exprime, que ma poésie prend corps. C'est dans le désordre que je trouve la langueur des voluptés  à venir. L'ordre me glace. Il  ne laisse place qu'au temps figé, aux routines, à la logique, aux répétitions.
Mais reparlons de toi, mon objet fétiche. L'aviez vous deviné? C'est mon briquet. Un Davidhoff acier, qui prend bien la main, assez lourd pour qu'on ait pas envie de le balancer  un jour comme un de ces vulgaires Bic jetables.
Mon briquet, il n'est plus très jeune homme. Je dirais qu'il a quelques cheveux gris, depuis tant d'années que je le transporte avec moi, et c'est un miracle que je ne l'ai pas encore perdu, comme tous ces gants et ces parapluies que j'ai semé dans Paris.
Mon briquet fait un bruit de clic et non de clac, j'aime écouter ce bruit, je m'en caresse l'oreille même sans fumer. Ce clic, un bruit ami qui m'accompagne. Un bruit joyeux, paresseux, vivant.
Oh mon briquet combien je t'aime.

Rédigé le mars 05, 2008 à 08:19 AM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

8 heures du soir au parc

                                                           8 heures du soir. Je vais au parc pour ressentir un peu de fraîcheur. En cette fin d'été. L'espace est tranquille. Les "joggers" en font le tour comme des toupies ivres. Les enfants le traversent en vélo, ou en trottinette. Ou cohabitent avec les poussettes de ceux qui ne savent pas encore marcher.

Pourtant un côté du parc est presque désert. L'herbe y est fraîche mais l'odeur âpre des

poneys  monte à la gorge. Même le vent pue.

Au milieu du parc il y a toutes sortes de fleurs. De toutes les couleurs. Blanches, roses, fuschias,bleues.

Autour de ces parterres, le sol est plein de trous. A l'image de la vie.Là où il y avait un bassin,il ne reste qu'une flaque d'eau sale que jonchent des éclats de feuilles.

Mais ce que j'aime ici c'est les arbres. Je ne sais pas leur noms. Mais comme ceux des gens, ils sont plein de souvenirs et de cris. L'espace habité rend l'intimité moins douloureuse, moins obsédante.C'est comme si l'homme à défaut de trouver la relation à travers laquelle il voudrait être reconnu, trouve une place où se reflèter dans l'idendité des autres. Il se sent enveloppé dans une rumeur où les bruits de l'enfance effacent le silence des âmes.

Les arbres avec leur puissance et leur majesté font s'envoler ces silences vers le ciel.

Les immeubles en face du parc sont laids. Mais derrière les murs gris, ce sont les intérieurs qui comptent.

Maintenant on sent la nuit descendre. Le ciel se couvre d'un voile qui rend le bleu moins précis.

Voilà qu'on siffle pour la fermeture et c'est le ballet final des poussettes, des vélos, des vieux, des amoureux.

Il ne manque à ce décor que des ballons, des cerfs-volants, des feux d'artifice et le bruit de la mer.

Pendant quelques minutes encore, j'écoute ce lieu où je suis. Les cris des enfants, le bruit des silences intérieurs, les conversations des autres, ces petits bouts de vie qui défilent et s'entrecroisent.

Puis me voilà dehors, un peu triste, captée une fois de plus par la solitude

Rédigé le février 28, 2008 à 09:18 AM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

il pleut(dédié à annecom)

Il pleut

Lundi: Il pleut. mais les parapluies sont rouges et les femmes aussi.  Sont-elles rouges de colère  ou de plaisir? Ou le sont elles seulement en traversant la rue quand le feu rouge se refléte sur leurs peaux mouillés?

Mardi: il pleut. Les étalages du marché ruissellent de tomates suaves, de coeurs d'artichaut et de choux-fleurs rêveurs.

Mercredi: il pleut. Les enfants ne pourront pas faire du foot.  Ni du roller. Le parc est désert je suppose. Il reste pour se consoler l'odeur du chocomat devant les boulangeries. Et les crêpes au rhum et les baisers de Stanley.

Jeudi. Il pleut. Je suis seule chez moi. J'ai plein de souvenirs pour m'occuper. Et j'attends toujours l'amour au coin du feu.

Vendredi: il pleut. C'est le jour des amants que le samedi sépare. C'est le jour des départs dans les résidences secondaires. Où l'on va humer l'herbe mouillée.

Samedi: il pleut. C'est le jour des pères qui habillent leurs fils et plus tard dans la nuit c'est le jour des maris qui attendent leur plaisir parce que la semaine est bientôt finie.

Dimanche: la pluie s'est mis en grève. Alors je ne m'y retrouve plus. Il y a des mâteurs avec des grands sourires, des poussettes qui croissent entre vos pieds et des gros paniers au marché . Au marché.

Rédigé le janvier 15, 2008 à 12:03 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

Avec ou sans nicotine?

Un café s’il vous plait ?

« Avec ou sans nicotine » ?

Laura, une pulpeuse et jeune serveuse, fait son numéro à chaque nouveau client.

Certains lui répondent d’un sourire. D’autres exhalent un soupir.

«  Comment va-t-on faire ? Vous avez vu le froid dehors ? Et le vent, ce matin. On gèle. Au fait, bonne année »

Je suis assise dans mon fauteuil en cuir, rareté d’une époque qui semble surannée.

Je bois un chocolat. Il fait bon ici. Tout est chaud, doux, un peu languissant.

Pas de « barman » odieux qui marmonne des insultes, pas d’obscénités éculés que le garçon de café répète 15 fois par jour en ricanant. Mon lot quotidien dans ce café quotidien aussi, Pmu, Rapido, etc.….

Non, ici ce matin tout est bien. Plus d’odeurs agressives, de vêtements qui sentent le mégot. Pas de cendriers sales ou mal vidés.

Alors les gens prennent le temps de se regarder. Sur le zinc rien n’a changé.

Défilé des cafés, petits vins blancs, bières à la pression, Ricards qui ramènent vers moi des souvenirs de bonbons à l’anis.

Il y a beaucoup d’hommes ici : de jeunes cadres, des hommes un peu plus mûrs, habillés sans fantaisie. Et puis des retraités, yeux cernés mais regard rieur, sous leurs binocles légers.

Beaucoup parlent de politique, les femmes parlent de leurs enfants la serveuse explique le menu à un client indécis mais pas trop pressé.

Ce café m’entoure d’un halo de bienveillance. Le temps et les gens sont à leur place.

Sur ma table, trois journaux. Je survole l’actualité, mais je lis en détail les pronostics des courses hippiques. Je compare, je réfléchis, je rature. Je rêve sur un nom, j’essaye des combinaisons de chiffres.

Joueuse, marginale, artiste.

Telle est ma signature dans un monde que je ne veux pas conforme.

Où je ne suis ni riche, ni pauvre, mais libre de tous ces mots qui dansent dans mon âme, et viennent s’éteindre sur le papier comme le souvenir de cigarettes oubliées

Rédigé le janvier 06, 2008 à 11:05 AM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

Rédigé le janvier 07, 2008 à 09:03 AM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (1)

Seconde

Seconde. L’écoulement du temps. Aujourd’hui le temps coule en pluies épaisses, aveuglantes et les secondes se collent entre elles comme de la glue.

Secondes. Gouttes de pluie qui coulent sur le temps, l’ennui au gris de la nuit mêlé.
A travers la vitre, le désespoir semble fermer la vie au regard.

C’est l’infini, l’infini tristesse de l’instant, comme peut être infini le bonheur d’un instant d’amour.

Mystère des peaux croisées, alchimie des inconscients conjugués, noyau des souvenirs qui laisse fleurir la sève des désirs.

La pluie dure des heures aujourd’hui, le gris couvre tout, il faut pour vivre penser à un autre jour, qui sera, dans le soleil du printemps, dans le vent parfumé d’un crépuscule d’été.

Ou se coucher sous la couette, et laisser les mots abolir les heures, dévoiler nos rêves, caresser nos attentes, donner une couleur à notre vide, une consistance à l’absence de l’autre au manque de, à cet infini du manque, qui peut être aussi le manque infini…

Se parfumer de l’essence des mots, jouer à n’être plus qu’eux, confondre tous nos sens dans le déroulement de la phrase. Se retrouver hors-temps.  Dans le miroir des non-dits. Là où se délitent les déchirures qui tissent dans cent souffles notre solitude.

La solitude de chacun, celle qui raconte son passé et ses oublis, le double je de la mémoire qui déchiffre et met en friches la pesanteur ou la légèreté de l’être.

Une sonnerie de téléphone vrille le silence. Il faut répondre. Même seul, on appartient aux autres.

Les apparences sont notre vie.

J’aime le mauve sur mon regard, comme le négligé d’une robe qui habille mon corps en préservant sa fluidité.

Je voudrais vivre en marchant, pour contempler à chaque pas l’espace de ma liberté.


Rédigé le décembre 09, 2007 à 10:49 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (2)

samedi soir.

Samedi soir. Journée d'été, lumiére chaude, un peu trop éclatante.
Toujours cette même nostalgie en moi, très langoureuse, qui me dit le jour que l'on est.
Est ce le trop plein d'émotions, ou l'usure des jours passés, mais je suis différente le samedi soi?
Engluée dans le miel d'une lenteur composée d'oisiveté et de vide.
Encore lui, le Vide. Celui presque normal de l'humain définitivement incomplet, et dépendant.
De l'humain qui se fait sa petite pause de réflexion alors que personne ne lui a rien demandé.
Entre philosophie et nostalgie, la trace de son existence.
La signature de sa différence, à l'écart de l'actualité, des modes ou de la culture.
Oui j'aime écrire ma différence, qui n'est ni plus ni moins que celle de l'autre.
Un petit état des lieux, où se mire l'intime.
Miroir des non dits, des sourires de l'âme, des blessures silencieuses, des secrets oubliés, des souvenirs ressuscités à la vue d'un regard. Combien de fois par jour croise t'on son passé?
Combien de fois par jour s'offre t'on au hasard?
Combien de fois par jour oublions nous d'être nous même?

Samedi soir, grain d'espoir. Bientôt le bal de la jeunesse va battre comme un coeur de tous ses désirs.
les corps danseront, jusqu'au matin. Amours fou, alcool, rythme, caresses.
Ailleurs solitude, alccol, fumée, nuits blanches, vies indécises.

Samedi soir, et ma petite respiration singuliére qui vous dit un bonsoir qui se voudrait entendu.

Rédigé le juin 09, 2007 à 09:31 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

ce qui me rend guaie

Une plage, des voiliers au vent, des chevaux, marcher dans le sable, un rire, la voix de Dane, ses mots échevelés, une musique comme un peu d'ivresse, un Michoko qu'on laisse fondre sous la langue, le croissant du matin et l'odeur du café, ce plaisir du goût qui s'éveille. Un parfum sur ma main, un foulard en soie, un regard qui cherche le désir, la saveur d'une caresse. Le bonheur de gagner au jeu, plaire après 50 ans, porte une robe rouge, voir des roses d'Equateur étirer leurs longues tiges dans un vase de cristal. Voir des gens heureux, regarder mon coiffeur travailler, écouter un beau discours, écrire une lettre d'amitié, raconter des souvenirs à celui que l'on connait à peine, trouver une nostalgie douce, dire  "j'aime la mélancolie au lit", tenir un stylo  dans sa main, écrire le mot rêver et penser à ma liberté.

Rédigé le février 12, 2007 à 02:06 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

la trace

Le temps s'incline et le présent s'efface. Il nous reste la trace. Quelques mots jetés sur un papier, début ou fin de roman inachevé. Comme la vie si on y cherche un sens. Le roman, une unité pour soi, une entité de solitude où l'on invente les autres à partir deses souvenirs. Les souvenirs ne suffisent pas à nous faire aimer le présent quand il est répétitif et sans ouvertuure, sans rencontre, sans même quelque bizarreté du Hasard. Mais sans souvenirs comment exister? Que signifierait notre histoire si elle n'était pas traversée par cette trace mensongére . Qui serions nous sans cette reliance? les souvenirs sont le creuset des émotions présentes, notre trop plein de mémoire, nos secrets d'enfance. Les souvenirs ravivés ou rééls ne sont pas des fantasmes. Ils n'aident pas à jouir mais à  nous donner une continuité dans une Histoire que traversent toutes les incohérences. Bonheurs et déchirures se cotoient à la fois image de notre force et de notre vulnerabilité.les souvenirs sont l'Unique de chacun, ce qui nous oblige à dépasser notre désespoir pour atteindre parfois cet inexplicable élan que l'on nomme Bonheur.

Rédigé le février 11, 2007 à 08:37 AM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

le gris

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Le gris reprend ses droits, avec la pluie et la douceur. Non pas une pluie de douceur comme dans ces échanges amoureux dont on voudrait qu'ils ne cessent . Univers de caresses, sous la couette. Petits plaisirs coquins, jeux de mains, jeux calins.
Un peu de délire pour perturber cette belle uniformité du gris et se rappeler cette phrase qui toujours sommeille dans ma mémoire:" l'ennui naquit un jour de l'uniformité"
A la place de l'envie, une sensation désagréable de gorge serré, un goût amer de chocolat qui a accompagné le café, un vide qui s'installe que l'on reconnait bien. Un vide inutile, dont on ne pourrait même pas se plaindre.
Alors il faut rayer le temps qui ne passe pas ou le temps qui passe puisqu'il est le même.
Il faut évoquer les sourires d'hier, les compliments, le champagne, l'amour.
Hier il y avait l'éclat, aujourd'hui l'attente. La sagesse, la mesure, la raison.
Le gris va continuer jusqu'à demain. Les lumières commencent à habiller la nuit. Les néons frissonnent.
Heureusement j'écris. Tendresse des mots amis. Tendresse des mots pour les autres. Laissons fleurir les rêves.
Laisssons fleurir la nuit, laissons fleurir la vie.

Rédigé le janvier 06, 2007 à 05:19 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (2)

mardi, mardi

Aujourd'hui mardi, j'ai une petite habitude que je vais vous raconter: je vais manger au japonais de ma rue.
Je prends toujours la même table, arrive à la même heure, ne change jamais de menu. Mais j'éprouve toujours le même plaisir pour ce repas simple et sain: un bouillon de poulet fait maison, avec des morceaux de toffou, des émincés de blancs de poireaux, et des champignons. En hiver, chaleur hospitalière, saveur un peu relevé du poulet, en même temps cette consistance légère qui ouvre le palais.

Puis une salade de carotes et de chous blancs, à la vigrainette un peu sucrée.
Puis une 20 de morceaux de saumon cru, disposés dans un bateau, décorés de gingembre dont j'aime l'acidité piquante. Et la sauce  qui donne le gôut de sel à ce poisson "nature". Avec un bol de riz légérement pateux, que j'assaisonne de cette même sauce.
Ainsi chaque mardi je salue, échange un grand sourire à l'hotesse,un grand sourire à son mari  qui cuit inlassablement ses brochettes, et je dis"comme d'habitude".
Je me sens très fière d'être ainsi servie sans avoir besoin de m'expliquer. Mais aujourd'hui j'avais une superconcurrence. Des gens qui arrivaient seuls ou à deux, prenaient "leur table" et annonçaient" comme d'habitude".

Aie, quelle mémoire doit avoir "Linga" pour retenir tout ces menus de tous ses habitués.!
Preuve que nous aimons nos rituels,depuis le café du matin à la place que l'on choisit pour dormir dans son lit.
Pourquoi mon mari à t'il choisi le côté gauche? Pourquoi mon jeune fils qui fait ses siestes pour récupérer de ces nuits trop courtes choisit t'il toujours mon côté? Dans l'empreinte d'une odeur qui fait partie de lui.
Rituels des fumeurs, des joueurs, des dormeurs, des insomniaques, des artistes, des médecins.
Qui serions nous sans ces petits gestes qui sont comme des codes de reconnaissance pour combattre notre angoisse? Des inconnus de nous même?
Voilà la réflexion que je vous soumets, en espérant qu'elle ne vous empêchera pas de dormir.

Rédigé le janvier 02, 2007 à 11:48 PM dans quotidien | Lien permanent | Commentaires (0)

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