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A ma mère

Tu me disais: "Quand je ne serais plus là, ne soit pas triste. Je ne veux pour toi que du bonheur".
Mère, tu me laisserais croire que les larmes n'existent pas, que la douleur n'est pas fille de la joie?
Insensée, celui qui tient la douleur éloignée. Sage, celui qui l'apprivoise avec tout ce que la v ie lui a laissé d'intact: l'amour du temps qui passe, l'amour d'un regard, l'amour des désirs, l'amour des enfants qui naissent et qui croissent, l'amour des nuits où l'on n'est pas seule.
Mère, ton absence fait partie du temps qui passe et je t'aime aujourd'hui réconciliée avec la douleur apaisée, dans les premiers rayons de soleil d'un printemps tardif.
Me revoilà vibrante à d'autres échos, sans jamais oublier le bruit de ta voix ou l'odeur de ta peau.
Je ne serais plus jamais l'enfant de personne, mais être la mère de mes enfants comble ce manque.
Il n'y a pas de vide où tu n'es pas, mais plein de souvenirs où s'écrit dans mon regard, la caresse de tes lèvres, la douceur de tes mains dans mes cheveux.
Etre grande un jour sans toi. Voilà la promesse que la vie nous exige à tenir face à la mort, sentinelle patiente qui éloigne avant de les rapprocher ceux qui s'aimeront éternellement.

Rédigé le février 12, 2006 à 09:47 AM dans mère | Lien permanent | Commentaires (9)

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