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saint-valentin?

Qui est sans idées pour tourner une page inoubliable? Sous forme de lettre personnalisée et riche en nuances, sensualité, pudeur ou délicatesse?

Alors faites appel à moi. Succés garanti.

-mon email pour laisser vos coordonnés

elisabethouzillou@noos.fr

Rédigé le janvier 24, 2008 à 11:44 AM dans lettre | Lien permanent | Commentaires (0)

lettre à Kriza

Un jour sur internet, un commentaire aimable, je clique à mon tour, et sur le site de ma lectrice un lien avec ton nom.

Un clic, et puis tout de suite un déclic, un délice même.

Partie avec toi pour un voyage au bout des mots et de leur soif. Vaste océan où l’on n’aura jamais fini de boire.

Il y avait dans tes textes, tous les styles, et une audace qui t’es particulière, un univers qui va du classique au fantasque, dans un enchantement permanent.

Avec toi je voyageais, dans les résonnances, les échos, les silences.

Dans les sursauts du désir, ou les sinuosités du manque.

Tu me racontais l’arithmétique du cœur, mais aussi l’arythmie des peurs et de la souffrance.

Et puis ici et là, des cris de Vie. Ecrits de toi sur la passion des autres, imaginaire qui tangue sur une réalité inaccessible.

Et moi émue par cet imaginaire fougueux dont l’inconscient touchait le mien à la tombée des étoiles. Dans le crépuscule des enfances un peu trop longues, dont on n’arrive pas à se séparer.

Kriza sœur, Kriza fleur, tu me faisais vibrer de rêves ourlés d’or, d’étés liquides, de défaites flamboyantes.

J’aime dans tes textes retrouver la lie de tes songes, ou le mouvement faussement inerte que tissent les déchirures.

Kriza, pourquoi m’est t’il si facile de te parler ? Pourtant je n’ai jamais connu de toi que cette fiction changeante que tu offres au gré de ton temps. Ou de tes absences.

Pourquoi une telle passion, une telle confiance, une telle intimité ?

Mon admiration pour ton écriture funambule n’explique rien.

Mais il est bien de ne pas tout comprendre, pour que l’histoire continue.

Comme un chemin vers l’infini.

Rédigé le janvier 16, 2008 à 08:18 AM dans lettre | Lien permanent | Commentaires (0)

Mon cher ennemi

Ah, mon ex! Mon mari adoré, trop aimé, trop hai mais trop ennuyé de toi même pour rester sans moi. Ton absence fut-elle si longue? Comment nous retrouver? Que dirais tu d'un petit vouvoiement pour commencer? Cette idée m'amuse tellement. Il faut aussi que tu me fasses la cour. Je ne veux pas t'entendre parler du passé, évoquer tes remords, te dire désolé. Non ce que j'attends moi c'est une déclaration: poétique, innatendue, drôle, tout ce que ton imagination t'offrira pour sortir de ce morne quotidien  qui nous tuait de non -amour.
Où chercher la fantaisie? Anatole ce sera ton nouveau nom. Et moi Amélie. Comme nostalgie. Il y a toujours  eu beaucoup de langueur dans ma maniére d'être ou de ne pas être là où je suis, innatendue, décalée, en retard du présent, en avance d'un rire sans joie et sans partage.
Alors comment ne pas t'en vouloir d'avoir trop souvent tout balayé d'un geste: les petites attentions, les instants tendres, les mots doux, les restes d'enfance?
Que comprenais tu des émotions intimes, toi qui ne rêvais qu'aux bilans consolidés, aux chiffres du pouvoir, aux valeurs du futur?
Et moi, enveminée, je comptais aussi.
Tes silences, tes absences, tes départs, toute cette vie en friche où je me façonnais un ailleurs.
Cueilli comme une fleur, rose des rues anonymes, mon amant de la joie, mon amant de cinéma qui m'apprenait à être belle et rebelle dans les miroirs déployés des pénombres adultères.
Ce n'était qu'un rêve éphémère qui se fondait peu à peu dans la tiédeur du réel.
C'était toi que j'aimais. Toi que je voulais près de moi, mais ce toi était un autre.
Un homme enfin futile, un amant audacieux, un être fragile dont j'épousais la faiblesse.
Des fantasmes, mon pauvre chéri! Tu te couchais toujours contre moi sans émotion, sans cri, sans innocence.
Excuse moi. Voilà le passé qui nous rattrape. La révolte fait briller mes joues. Il me faut oublier le désespoir. Pardonner cette indigence et recommencer...

" Vous vous appelez bien Anatole? N'oubliez pas, moi c'est Amélie. Je vous attends. Mais vous n'allez pas venir? Il est impossible que "vous" changiez. Et moi sans vous? Puis je changer le monde? Oui, Anatole. Ecrire n'est ce pas cela?"
Je crée, j'invente, je mens. Je retouche: ici la couleur, là un peu de musique, ailleurs un silence.
Vous me croyez maintenant? Vous croyez que nous nous sommes retrouvés? Que nous allons encore nous aimer? Ou pensez vous que cette histoire est sans issue? Mais non! Quand vous reviendrez chez nous, souvenez vous de cette phrase que vous me chuchotiez tendrement au début de notre rencontre" Le meilleur moment de l'amour c'est quand on monte l'escalier."

Rédigé le janvier 10, 2006 à 10:35 AM dans lettre | Lien permanent | Commentaires (0)

Lettre à mon psychanaliste

Parler parler c’est si simple en face de vous. Vous me connaissez bien maintenant. Il vous suffit de me dire « comment çà va ? » ou « racontez moi » et je m’envole. Non pas libre comme un papillon mais plutôt de ce mouvement circulaire d’un jouet mécanique qu’on remonte au quart et qui fait un deux trois tours… Avec cette petite musique de foire il suit son chemin de ronde. En toute logique. Ma comparaison n’est donc pas adéquate. L’humain n’est qu’illogisme ce qui fait à la fois mon angoisse et mon plaisir. Ainsi en venant chez vous je ne sais jamais par quelle phrase je vais commencer. Ni les événements ou les états d’âme qui nourriront ce temps toujours trop court où j’existe pour moi seule mais aussi pour celui qui m’écoute et qui n’est pas. Vous n’êtes pas ? Cela doit vous surprendre. C’est être scandaleux même de dire çà, de séparer ainsi l’homme et sa fonction. Pour la fonction nous nous entendons bien . Vous respectez cette liberté que j’ai de raconter une histoire en en racontant dix, et de vous livrer mon état d’âme en même temps que les ébats sexuels de ma cousine . J’emmêle tout avec insouciance ou chagrin. J’évoque les deuils que je hais, les amours qui me furent belles et les projets qui me font rêver. Au beau milieu de ces errances dont l’abandon m’est plaisir, il y a une petite fracture de temps ou d’espace et je m’effondre. N’ayant jamais prévu de mouchoir, laissant le rimmel couler sur le cerne de la douleur . Et je me dis encore une fois que bonheur et douleur se côtoient sans cesse et que j’aime l’un mais pas l’autre, que je serais donc toujours incomplète, toujours en manque, toujours en attente. Comme un colis sans destination qu’on me demande en plus de reconnaître. C’est bien le nom écrit sur l’emballage, mon nom oui, mais je m’en fous. Ce n’est pas ce qui m’intéresse. Le nom n’est qu’une enveloppe anonyme et c’est ce qu’il y a à l’intérieur que je veux qu’on reçoive. Des couleurs d’enfance, des parfums, des mots chuchotés, des caresses, un grand souffle qui couvre le monde entier et des correspondances secrètes. Une alchimie de mémoire faite de tous ceux qui m’ont appris à exister et à aimer et que j’ai le devoir de perpétuer. Mais que vais-je faire de cette mémoire éclatée dont je ne suis qu’un débris ? Scintillante et tranchante ma vérité ne sera jamais qu’une partie de celle des autres donc un mensonge pour moi-même. Je vous donne le premier exemple qui me vient. Ma mère était très superstitieuse . En ne l’étant pas je la trahis. Mais si je continuais à l’être pour honorer sa mémoire je me trahirais. Je suis vivante, elle est morte. C’est donc à moi de choisir . Elle vivait dans la tyrannie des apparences, je ne me sens bien que dans les méandres de l’intime. Elle détestait les nuances et ne supportait pas les gens laids. Je n’aime que dans cet espace entre le laid et le beau où l’on peut s’émouvoir des différences. Je n’aime pas regarder un visage mais le vivre, imaginer à travers ses rides, ses pliures, ses mimiques involontaires où se cache l’émotion et comment cette émotion m’est offerte. Combien de regards m’ont fait vivre ce lien fort d’une rencontre où rien n’était possible, seulement cette seconde où des iris s’enlacent éblouis d’éternité ! Je mourais un jour avec ses regards vivants en moi et j’opposerais à l’absurdité de la mort la beauté de ces amours là ! Excusez moi encore une fois, je mélange tout sans aller au bout de mes idées : cette mémoire « éclatée » si aléatoire, si fragmentaire, tissant le passé mais construisant l’avenir( car ne se terminant qu’avec la mort). Je ne vous en ai donné que deux ou trois exemples et déjà j’ai envie de passer à autre chose. Reconnaissez bien là mon dilettantisme, le refus d’une réflexion trop longue qui me rendrait sûrement triste, et mon incapacité à cheminer dans le raisonnement. Je suis dans ce domaine votre obligée. Mais il suffit d’un regard plus prononcé, d’un rire qui tourbillonne entre vous et moi, d’une jambe qui se croise et se décroise, très sagement- si innocemment même qu’on lui attribue la volonté contraire- et me voilà souveraine, tout simplement femme . Comment ne pourriez vous pas être séduit par moi ou par toutes ces femmes dont vous avez appris à vivre la beauté ? N’êtes vous pas touché par ce goût du bonheur, par cette rondeur de l’esprit qui dévoile le corps en toute impudeur et vous en fait le voyeur puisque vous n’en serez jamais l’amant ? Cette séduction si latente, si informelle, si subtile en est- elle moins importante ? Quand vous ouvrez la porte de votre « antre », dès le premier pas que nous faisons ensemble, je crois sentir intimement mêlés un parfum de femme et un parfum d’âme, et tout proche de vous un parfum d’homme et de liberté. Et tout çà fait aujourd’hui partie de ma « mémoire éclatée » et j’y puise quelque plaisir pour les jours où j’ai mal de moi. Avoir le mal de soi, être en quarantaine, se retourner vers son passé pour y trouver la preuve de sa jeunesse : baisser les yeux devant les hommes, regarder les autres femmes avec désir alors qu’il y a quelques années on croisait leur beauté sans jalousie- plus complices que rivales- et se dire maintenant c’est fini. Il y a elles et nous. Elles, ce sont celles qu’on regarde, dont la démarche est comme un pas de danse. Blondes ou brunes, elles offrent à la beauté leur jeunesse, leur fluidité, la douceur des apparences. Mais nous qu’avons-nous comme a venir ? Précipitation de l’âge, refus du corps de s’y soumettre. Tension extrême d’où naît le vieillissement. Si je vous ai écrit c’est pour mieux comprendre l’histoire de ce corps qui ne veut plus exister et empoisonne l’histoire d’une femme qui veut toujours vivre. Ainsi à chacune de nos séances j’ai pu être gaie ou triste, je ne livrais qu’un état d’âme où n’apparaissait pas la fracture du corps. .Depuis mes quarante ans est née une autre femme qui ne pourra plus jamais dire que son corps a du talent. Alors aidez moi à l’aimer davantage. A me glisser dans son devenir comme dans une seconde peau. A découvrir son parfum, à affirmer sa présence. A la rendre légère, à la rendre libre. Et j’en ferais un petit brin d’histoire ronde avec de la musique et des couleurs qui tourne autour du temps comme une toupie. Tourne, tourne, tourne inutilement, joyeusement, précisément…

Rédigé le novembre 13, 2005 à 04:52 PM dans lettre | Lien permanent | Commentaires (4)

Lettre d'Honorine à Brillant

Ecrite sur le thème: j'ai tourné la page: il n'y avait rien derrière.

Enfin, je vous ai connu mon frère jumeau d'une même infortune. D'autres  parents ont été aussi fous que les miens pour nous affubler de ces horribles prénoms qui donnent à nos destins le parfum d'un autre siécle et nous obligent à vivre à la recherche d'émotions qui n'existent plus. Dans la poésie d'une éternelle enfance où le temps avait le goût du temps, art de la liberté et du badinage, de la frivolité et de l'insouciance, art de la couleur de de la joie.
Imaginez mon cher Brillant ce qu'aurait pu être notre vie si le travail ne nous obligeait pas à cette trajectoire du boulot- dodo? Imaginez vous devenus aveugles aux beautés de la Seine et sourds au chant des oiseaux, dans le petit jour où l'aube s'étire sous ses promesses volupteuses?
Imaginez ce qu'aurait pu être notre joie si nos prénoms désuets n'avaient entraîné risées et mises à l'index, incompréhension et solitude. Honorine? C'est surprenant mais délicat. Non c'est ridicule, grotesque, délictueux. Pourtant vous ressemblez à tout le monde. Le rouge farde vos lèvres de baisers lascifs et pulpeux. Vos yeux sont bleus comme les îles Caraibes. Votre rire a la fraîcheur d'un cristal de Bohême. Quand vous êtes triste, c'est Pierrot qui chante à la lune la ballade nostalgique des feux sans âme.
Et vous mon cher Brillant, comment vivez vous votre pensum? Je suis sûre que vous n'avouez votre prénom qu'à ceux que vous aimez, à ces femmes qui peuvent dire: "je suis ton miroir" avant d'être ses maîtresses frissonnantes que l'ombre habille et déshabille.
Ah! Brillant que j'aime votre regard de fille enveloppant et doux avec des cils qui n'en finissent pas de se recourber. Mais vous, souffrez vous de cette beauté déplacée que d'autres vous envient?
Vous souvenez vous où nous nous sommes connus? Etait ce dans "une saison en enfer"? Avons nous fait escale ensemble "dans le Bateau Ivre"? N'avons nous pas dit ensemble que la violence des hommes ne sert pas à tuer mais à vivre, vivre en chantant et en criant, fous d'ivresse ou d'Absolu?
Serions nous tous les deux les rescapés d'un imaginaire sans culpabilité?
Pourrions nous encore faire l'amour comme de simples mortels?
Brillant, répondez moi. Cette lettre est elle un adieu ou un commencement?

Cher Brillant
J'ai reçu de vous une réponse bien étrange. Une feuille blanche où vous me disez que c'était la nuit.
Alors j'ai tourné la page mais il n'y avait rien derrière.

Rédigé le octobre 11, 2005 à 06:10 PM dans lettre | Lien permanent | Commentaires (4)

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