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Flora

Flora s'était couchée toute habillée. La place de Pierre étant absente dans son lit, elle y voyait une occasion de changer ses habitudes.
Elle se sentait légère après un Immovane et une brioche au rhum qu'elle aurait grapillé comme un fruit défendu. A quoi Pierre aurait rétorqué: " Mais comment tu peux comparer une brioche à un fruit?"
Et elle lui aurait répondu: "tu n'as aucune imagination. Le rhum c'est mon petit canardd'enfant, le sucre trempé dans le Négrita qu'on me donnait avant de dormir, la dernière gourmandise du jour.
Le parfum d'une fleur de nuit qui distillait son suc jusqu'au réveil."
Le rhum, le whysky, juste des petites gorgées, comme des sucettes à l'alcool qui donnaient à son sang la couleur ocre d'une chaleur éteinte.

Rédigé le mai 29, 2006 à 09:56 PM dans esquisse | Lien permanent | Commentaires (3)

Patrick

Ce que l'on perçoit d'abord dans un élan spontané de sympathie- presque d'intimité- c'est la rondeur. Une rondeur toute en puissance dont chaque mouvement révèle la tension.
Muscles, force, maîtrise: une virilité immédiate vient à votre rencontre, juste contenue par la fluidité du vêtement.
- Bonjour Elisabeth
La voix est grave, mais le visage doux. Les cheveux qui tombent en boucles sur la nuque lui donnent un air romantique. Presque juvénile.
Trés purs, ces yeux clairs au feu de tendresse, voilés d'ironie.
C'est ce regard qui vient vers vous, sincére et serein. Illuminant l'espace de son rayonnement. Accompagnant la voix comme une parure.
Cette voix, ce regard. Tout un univers où je me sens protégée, où même les blessures les plus apres livreront leurs secrets dans une langueur discrète et mate.
Toute une heure, je vais m'offrir ce voyage initiatique jusqu'aux fibres de la mémoire, jusqu'aux vibrations infinitésimales de la peau.
Dans l'amplitude du souffle, dans la caresse de l'espace, dans l'immobilité du corps j'offre à celui qui m'accompagne la lassitude extrême de vivre pour mourir.
Mais Patrick sourit, le temps a rendu l'âme et moi je peux renaître.

Rédigé le octobre 13, 2005 à 02:55 PM dans esquisse | Lien permanent | Commentaires (0)

PORTRAIT

Des yeux d'or et de miel, d'émeraude et de sel. La lumiére s'y noie, la transparence s'y perd, le mystére s'y sent bien.
Regard de loup, corps félin, griffes d'une voix qui courre le long de l'épine dorsale de ses victimes, mélancoliques filles de joie.
Le loup avec sa démarche lente, avec sa langueur feinte distille l'audace et le désir, l'ambiguité et le charnel.
Le loup se laisse caresser d'un regard, s'approche d'un souffle, se contemple dans un miroir inconnu.
Il séduit par son orageuse présence. Douceur et violence jumelles.
Et le loup s'ancre dans la solitude des silences, puis glisse vers la foule qui l'attend d'un pas de danseur étoile, puis plonge encore dans la forêt de ses secrets.
Lobowsky, j'aime ton regard, ta voix, la paume de tes mains.Homme de la nuit. Comédien de la vie.

Rédigé le octobre 13, 2005 à 02:40 PM dans esquisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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