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elle

Elle se faisait belle parce qu'elle ne pouvait plus se faire jeune. Elle se disait" si je suis belle on oubliera que je suis vieille".
Elle aimait les compliments, les regards légers, les étés qui dansent, le champagne dans le coeur.
Elle aimait qu'on lui fasse la cour, qu'on lui offre des roses, qu'on baise sa main ou ses joues; qu'on l'enlace furtivement, qu'on vole un peu de sa présence.
Elle aimait être le parfum des autres . Cette furtive présence qui les accompagne d'un léger attachement, d'une discrète séduction.

Rédigé le août 26, 2008 à 07:52 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (0)

m'extraire

M'extraire encore

M'extraire. De la terre et de ses chagrins amers.
M'extraire des blessures du coeur, des souvenirs qui brûlent, des cendres froides du passé.

M'extraire. Du bruit des villes. De la méchanceté des hommes. Du regard qui salit. De l'indifférence. De la solitude qui tue, même si l'on n'est pas seul.

Solitude, colombe noire des angoisses enfantines. Séparations jamais finies, rencontres qui meurent au bord des lèvres. Sans qu'on n'ait pu dire. Ni plaisir, ni jouir. Seulement le regret de n'avoir pas été.

S'extraire. Pour couler. S'écouler comme l'eau de pluie. Si pur. Et courir vers la mer.  En s'aimant, soi ou l'autre, ensemble.

Courir dans le vent. Sur une plage au matin. Fermer les yeux, respirer le soleil encore tiède.

Envie de tourner, de s'envoler, de s'enrouler autour de soi pour se protéger du malheur.

Et la tristesse qui se tient à son côté, éternelle quêteuse de nos incertitudes, sentinelle rompue aux nuits de nos défaîtes.

Envie. Ivresse de désirer encore. Désir d'effacer le temps. Le temps qui dit non à notre jeunesse, qui ne reste écrite que dans nos coeurs.

En vie. Envie de femme, envie d'être belle, de laisser les hommes admirer mes seins, mes jambes, et croiser leurs regards pour continuer à rêver. Tout simplement rêver.

Rédigé le août 05, 2008 à 09:09 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (0)

le jardin de majorelle

le jardin de Majorelle

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J'ai été cet après-midi visiter l'exposition "une passion marocaine" à la Fondation Saint Laurent.

Ensemble de "caftans" et de "bijoux" du XIX et XX siècle, appartenant à des collections privées et exposé dans le cadre "reconstitué" du jardin de Majorelle, dont on peut acheter à la librairie de superbes cartes.

Dans ce fond bleu, très caractéristique des médinas de Marrakech, je me suis plu à revivre mon enfance puisque j'y suis née et que ma maison se situait à 500 m de ce superbe lieu, en pleine palmeraie.

Ce qui manque c'est pourtant le fond sonore si singulier: le bruit des cigales, la nuit les vers luisants comme de tremblantes chandelles offertes au vent, et cette chose indicible qu'il faut avoir vécu pour mieux la comprendre: le sifflement soudain d'un serpent sous la pierre chaude, dans la torpeur d'un après-midi.

Voyage exotique pour les uns, réalité pour les autres, je n'aurais jamais été poète sans les multiples sensations révélées à moi dans cet univers si particulier.

Contrastes entre la brulure des terrasses et la fraîcheur des patios, parfum enivrant des roseraies, citrons et oranges qui tombaient des arbres de ce jardin d'Eden, où tout était abondance et sérénité.

Mes dix premières années protégées du bruit des villes, du désir frivole d'une consommation suggérée, sans autre culture que celles des livres ou de la radio.

Et pourtant combien d'images dansantes sous mes paupières, un kaléidoscope de couleurs où venaient se ressourcer mes rêves, à l'abri du soleil et de la sécheresse.

Mon coeur était léger, ma peau douce, mon regard avait la couleur des olives noires. Je n'étais que "commencement " abreuvée de l'amour de ma mère et de son odeur.

Aujourd'hui je me sens en "achèvement", ma curiosité tarie, mes élans assagis; mon enthousiasme  survit, mais dénudé de cette grâce qui me faisait vibrante et offerte aux plaisirs.

Mais au fond de moi vivent ces images magnifiques d'une enfance marocaine.

19:41 Lien permanent | Commentaires

Rédigé le juillet 13, 2008 à 11:58 AM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (3)

dans cette lumière du jour

Il pleut et j'ai froid.
On est au printemps et pourtant la lumière est terne. Le gris est partout, couleur du ciel, des murs et des rues.
Je rentre dans un café. Les gens se réchauffent, à coup de bières et de rires gras.
Où chercher la légèreté de l'être, l'euphorie du temps, la grâce du mouvement?
Ici la vie est vulgaire et la solitude infinie.
Demain sera mieux. Ils l'ont dit à la météo. Soleil et températures printanières.
Alors mon regard aura changé.
Je danserais dans les rues, en cherchant la lumière.
Je déjeunerais à une terrasse de café.
Le désir sera là, tangible, dans la vibration de l'air et la caresse tiède du soleil.
Les gens penseront au plaisir, et au temps des rêves.
L'après midi je mettrais une robe légère en coton, caressante sur le corps.
Et je me coucherais sur l'herbe.
Je parlerais au soleil en fermant les yeux. Je sentirais la douceur de ma peau et me déroulerais par ondulations imperceptibles.
Je dévoilerais l'ivresse de mes cuisses à demi-nues.
Les souvenirs tristes s'effaceront.
Je serais maîtresse de cette jouissance en attente, de ce bonheur fragile creusée dans l'air du temps.
Tout sera donné, dans cette lumière du jour, qui s'enflamme aux déraisons du cœur.

Rédigé le février 21, 2008 à 07:38 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (2)

abecedaire

Amour  : comme un chant, une prière, un avenir.

Baisers:soie des langues aspirées, entre nos bouches captives.

Cahot: crise, chuter, calmant. Plage lisse de l'angoisse enrobée.

Destin: chacun le sien.

Elle: toujours moi. Féminité inaltérable malgré les doutes. Etre femme jusque dans sa lassitude. Dans la langueur de sa nudité.

Force: une mesure que j'ignore. Je suis faible jusqu'à l'indécence.

Gémir: d'être inerte et de ne vivre sa révolution que sous ses paupières closes.

Habitude: ce qui me repère et me perd. Ce qui me construis et me détruis.

Intuition: ce qui compense mon manque d'imagination.

Jeu: mon souci de tous les instincts, mon insouciance et ma Vie.

Kaléidoscope: jouet favori de mon enfance, où je batissais des mondes en couleurs.

Lenteur: ce que je suis chaque soir, de torpeur  habillée.

Mer: immense souffle de vie à mon regard toujours renouvelé.

Nuit: châteaux en lambeaux, sous mes paupières lourdes. Cauchemars où toque le passé et la folie.

Odeur: le parfum d'une peau, d'une saison ou d'une caresse.

Pourquoi? une question commencée dès l'enfance et qui n'a d'autre réponse que les mots que j'aime.

Qui suis je: je ne le saurais jamais. Un méli-mêlo de miel et de sel.

Rêver: mon chemin préféré pour trouver la Réalité.

Soupir: une mlusique intérieure, tantôt en majeur, tantôt en mineur.

Tristesse: cette élégance de la mélancolie qui fait les beaux poémes.

Usure; ce qu'a fait le temps de mon enthousiasme.

Vie: l'être me suffit.

Wagon: la Honte de l'Humanité qui me transperce à chaque gare. A chaque départ.

Xanax: la couleur qui enrobe le noir velours de mes pensées.

Yeux: tout ce qu'il y a d'essentiel, de mystérieux , un langage de transparence pour les autres.

Zéro:quelques chiffres après quelques unités agrémenteraient bien mon compte en banque.

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Rédigé le février 05, 2008 à 09:28 AM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (0)

il y a des jours

Il y a des jours où tout est attente, et des jours où tout est vie.
Il y a des jours qui sont des "jouirs" et des jours qui sont des pierres de silence. des jours sans jeux et sans rires.
Il y a des jours dont on se passerait bien,  et des jours qu'on ne voudrait pas rater. J'aime ces jours là.
Il y a des jours sans rien, et des petits riens qu'on aime.
Alors choisissez entre tous ceux là. Lesquels vous ressemblent? Lesquels vous appartiennent, et embellissent vos secret?.
Il y a plus que tout celà encore, un désir qui ne s'explique pas. Un grand Désir.
Qui ressemble pour moi à la fraîcheur des matins et à l'ivresse du vent.

Rédigé le septembre 10, 2007 à 05:17 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (1)

Les petits carnets

Que j'aime les petits carnets
Où s'écrivent mes pensées
Comme des humeurs
De papier...

Au fil des jours
Mon regard étonné
Sur un ciel, un visage
Un rêve,
Souvenirs qui viennent
M'effleurer
Colères
Qui jettent leurs feux,
Regrets qui laissent leurs traces
Comme des larmes de papier...

Mes petits carnets
Où j'écris ma liberté
Révoltée,
Ma solitude que je ne peux expliquer
Et la Beauté
Qui me fait créer.

Sur mes petits carnets
Tous les temps se mêlent.
Soleils et pluies
Traversent l'instant.
Le passé est un trait.

Mes petits carnets
Toujours vous me consolez.
Laissez briller ma mémoire
Et réveiller ma vie.
Mots à moi, mots d'émoi
Vous êtes les photos -pages
D'un regard sans âge.

Mes petits carnets
Jetés dans les tiroirs
Ouverts et refermés
Vous êtes ce qui reste
Du sel de mes années.

                                                                                      A la muse des artistes. Anne MarieEngler.

Rédigé le octobre 24, 2006

Rédigé le juin 09, 2007 à 08:59 AM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (2)

Stars

Aujourd'hui j'ai acheté le Match.
Politique people. Ca repose l'esprit, et cà fait un peu rêver.
Belle famille, beau palais, ors et pouvoir.
Peut-être simplement que le bonheur n' y est pas si simple. Famille, belle famille, divorce, demi frères, faux frères des soeurs, un méli-mélo qui doit cacher des blessures enfouies.
Les blessures des familles font partie de la vie moderne et on ne pourrait les qualifier de drames.
Comment arrive t'on à la célébrité? Comment peut-on l'assumer? Je me suis parfois posé la question, projeté même une seconde dans ce star-systéme pour lequel je ne serais sans doute pas douée.
Dans les rares rassemblements de foule où je me suis trouvée, j'ai été effrayée par la violence des fans, leur besoin de toucher physiquement leur "idole".
Et les centaines d'appareils photo qui crépitent, et les gardes du corps qui se battent contre cette marée humaine pour faire rempart.
Comment ces stars peuvent t'ils supporter de perdre à ce point toute intimité?
Et pourtant je comprends aussi l'envie d'être phare, l'ivresse des applaudissements, la récompense de la gloire.
Sortir de l'anonymat, une tentation que je pourrais partager.
Pourtant mes journées trés paresseuses, où je passe plus de temps à regarder le temps qu'à "faire" des choses, me désigneraient comme anti-star.
Tout compte fait, je veux bien être la star des anti-stars.

Rédigé le mai 23, 2007 à 08:25 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (0)

L'artiste

L'artiste qui ne crée pas souffre. Sa faim d'âme, son besoin de tirer de lui même une fiole de paradis à moins que ce ne soit d'enfer, l'oblige toujours à chercher quelque chose que parfois il trouve. Les mots sont au rendez vous, ou les tableaux, ou les photos. L'artiste ne peut se contenter de la réalité qui l'entoure, ou du quotidien qui le nourrit. Sa perpétuelle inquiétude a besoin d'autre chose qui s'appelle émotion ou sublimation ou fascination. Pour étouffer la solitude qui l'étouffe. Le contraint à respirer un trop plein de Vide.
L'artiste erre dans des sphères éclatées, sans jamais se contenter d'un bonheur simple. Le bonheur des autres il ne l'envie pas pourtant. Il n'en a pas envie.
Tous les matins il se croit le roi du Monde, tous les soirs il se désespère d'avoir perdu son temps.
Et  les étoiles brulent son regard. Et le cerne sous ses yeux s'agrandit.
Mais demain tout recommencera. Il effleurera la création, le Hasard, un regard, des souvenirs, sa faim, sa soif.
Et il vieillira ainsi éternellement jeune.

Rédigé le mai 20, 2007 à 09:00 AM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (2)

UN SOUFFLE

Un souffle si ténu qu’au début on n’y prend garde. Un espace léger qu’on ne voudrait qu’à soi, un jardin secret où les souvenirs s’enfouissent au plus profond  de la mémoire, mémoire de l’or, du temps, des eaux. Un souffle qui grandit avec soi, qui rit quand on rit, qui pleure quand on  pleure. Un souffle qui grince entre des portes mal ouvertes ou mal fermées, entre des chagrins entrevus ou des amours  incomprises.

Un souffle qu’on abandonne par dédain parce que les adultes vous ont appris à être des leurs à oublier qui vous étiez à l’ombre de l’enfance dans un jardin en fleurs.

Et puis un jour l’erreur commence. On a vraiment oublié. Ce qui nous faisait vivre, ce qui nous  faisait jouer. On riait de quoi déjà ? Ah, de ne pas penser au sens des choses, à  la vie, au temps, à cette fuite éternelle.

Et l’on devient femme et mère, active et insensée. Et on a mal au plus profond de soi de n’être plus soi mais seulement un miroir apparent, trompeur, un visage sans éclat. Il n’y a plus  ni insolence ni innocence. Mais seulement silence, dérision, tremblement. Une nervure d’émotion encore vivante. On ne veut pas mourir, alors on joue.

A tout. Avec ivresse, avec colère, avec rire : submergée, envahie. On est ici, on est là

On est partout. On  a raccroché le petit wagon de l’enfance.

On est encombrée de soi, alors on peut rêver des autres.

Avec ce petit souffle au fond du cœur, cette douce intimité qui vous protège.

Rédigé le avril 30, 2007 à 03:06 PM dans autoportrait | Lien permanent | Commentaires (0)

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