M'extraire. De la terre et de ses chagrins amers.
M'extraire des blessures du coeur, des souvenirs qui brûlent, des cendres froides du passé.
M'extraire. Du bruit des villes. De la méchanceté des hommes. Du regard qui salit. De l'indifférence. De la solitude qui tue, même si l'on n'est pas seul.
Solitude, colombe noire des angoisses enfantines. Séparations jamais finies, rencontres qui meurent au bord des lèvres. Sans qu'on n'ait pu dire. Ni plaisir, ni jouir. Seulement le regret de n'avoir pas été.
S'extraire. Pour couler. S'écouler comme l'eau de pluie. Si pur. Et courir vers la mer. En s'aimant, soi ou l'autre, ensemble.
Courir dans le vent. Sur une plage au matin. Fermer les yeux, respirer le soleil encore tiède.
Envie de tourner, de s'envoler, de s'enrouler autour de soi pour se protéger du malheur.
Et la tristesse qui se tient à son côté, éternelle quêteuse de nos incertitudes, sentinelle rompue aux nuits de nos défaîtes.
Envie. Ivresse de désirer encore. Désir d'effacer le temps. Le temps qui dit non à notre jeunesse, qui ne reste écrite que dans nos coeurs.
En vie. Envie de femme, envie d'être belle, de laisser les hommes admirer mes seins, mes jambes, et croiser leurs regards pour continuer à rêver. Tout simplement rêver.
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