Seconde. L’écoulement du temps. Aujourd’hui le temps coule en pluies épaisses, aveuglantes et les secondes se collent entre elles comme de la glue.
Secondes. Gouttes de pluie qui coulent sur le temps, l’ennui au gris de la nuit mêlé.
A travers la vitre, le désespoir semble fermer la vie au regard.
C’est l’infini, l’infini tristesse de l’instant, comme peut être infini le bonheur d’un instant d’amour.
Mystère des peaux croisées, alchimie des inconscients conjugués, noyau des souvenirs qui laisse fleurir la sève des désirs.
La pluie dure des heures aujourd’hui, le gris couvre tout, il faut pour vivre penser à un autre jour, qui sera, dans le soleil du printemps, dans le vent parfumé d’un crépuscule d’été.
Ou se coucher sous la couette, et laisser les mots abolir les heures, dévoiler nos rêves, caresser nos attentes, donner une couleur à notre vide, une consistance à l’absence de l’autre au manque de, à cet infini du manque, qui peut être aussi le manque infini…
Se parfumer de l’essence des mots, jouer à n’être plus qu’eux, confondre tous nos sens dans le déroulement de la phrase. Se retrouver hors-temps. Dans le miroir des non-dits. Là où se délitent les déchirures qui tissent dans cent souffles notre solitude.
La solitude de chacun, celle qui raconte son passé et ses oublis, le double je de la mémoire qui déchiffre et met en friches la pesanteur ou la légèreté de l’être.
Une sonnerie de téléphone vrille le silence. Il faut répondre. Même seul, on appartient aux autres.
Les apparences sont notre vie.
J’aime le mauve sur mon regard, comme le négligé d’une robe qui habille mon corps en préservant sa fluidité.
Je voudrais vivre en marchant, pour contempler à chaque pas l’espace de ma liberté.
"La pluie dure des heures aujourd’hui, le gris couvre tout, il faut pour vivre penser à un autre jour, qui sera, dans le soleil du printemps, dans le vent parfumé d’un crépuscule d’été."
A l'intérieur des êtres se cache un paysage hors temps où, sous la rosée de nos désirs, chaque graine éclot en fleur extraornidaire.
Bises
Rédigé par : Krizalyd' | décembre 13, 2007 à 01:11 PM
merci pour ce magnifique commentaire, une fleur où j'entends battre ton coeur.
Rédigé par : elisabetha | décembre 13, 2007 à 10:02 PM